Chapitre XI : Epave spirituelle




Ce genre de sarcasme prétentieux m'importe peu. Je délaisse ces sentiments de fragilité qui m'ont trop souvent laissé perdre espoir. Les nuits sont mes merveilles, délicieux instants de solitude parmi les rêves éphémères et le scintillement des perles lointaines. Cherchant l'apaisement avec de perpétuelles prières que je laisse naître dans un murmure. Je m'obstine, peut-être à tord, et le cœur se fatigue plus que jamais. La sommation du corps avant l'ultime combat spirituel. C'est ainsi que je guette l'infamie. Mais après tout, sont-ils vraiment crédules ? N'est-ce pas seulement là le récit d'un triste destin ? Les yeux vers le ciel, les murmures demeurent, une fois de plus. Puisque tout cela ne semble avoir de fin.

Chapitre X : Fragment d'idylles

 
Nymphe tendre et vermeille, ô jeune Poésie !
Quel bois est aujourd'hui ta retraite choisie ?
Quelles fleurs, près d'une onde où s'égarent tes pas,
Se courbent mollement sous tes pieds délicats ?
Où te faut-il chercher ? Vois la saison nouvelle :
Sur son visage blanc quelle pourpre étincelle !
L'hirondelle a chanté ; Zéphir est de retour :
Il revient en dansant ; il ramène l'amour.
L'ombre, les prés, les fleurs, c'est sa douce famille,
Et Jupiter se plaît à contempler sa fille,
Cette terre où partout, sous tes doigts gracieux,
S'empressent de germer des vers mélodieux.
Le fleuve qui s'étend dans les vallons humides
Roule pour toi des vers doux, sonores, liquides.
Des vers, s'ouvrant en foule aux regards du soleil,
Sont ce peuple de fleurs au calice vermeil.
Et les monts, en torrents qui blanchissent leurs cimes,
Lancent des vers brillants dans le fond des abîmes.

André Chénier

Le petit Trianon & le hameau de la Reine

Le jour suivant notre visite du château, nous nous sommes dirigés vers le petit Trianon. C'était pour moi une étape incontournable que j'attendais avec impatience. Ah Marie Antoinette, je ne saurais dire pourquoi, j'affectionne beaucoup cette femme. Victime de la Révolution, très controversée, elle n'en est pas moins restée digne à son procès. Il faut l'avouer, j'aime également l'insouciance de ses jeunes années à Versailles qui lui porteront malheureusement préjudice. Lasse de l'étiquette, d'une vie trop exigeante à la cour, elle s'est retirée au petit Trianon et a fait construire le hameau, petit village très idéalisé de la vie à la campagne.










On comprend rapidement pourquoi elle aimait tant cet endroit. Une décoration épurée -du XVIIIe tout de même-, des pièces moins nombreuses, moins impressionnantes. Et surtout, une foule presque absente, cela devant être vrai à l'époque également. Puis nous avons continué à l'extérieur.














Un cadre bucolique comme j'aime tant. Déambuler parmi les arbres, se reposer au bord de l'eau, s'enivrer du parfums des fleurs, profiter d'une solitude plaisante avec la Nature. Au détour d'un belvédère, nous avons trouvé ce qui me tenais à coeur : la grotte cachée. Marie Antoinette s'y rendait lorsqu'elle voulait un peu de tranquillité pour discuter avec un ami. C'est à cet endroit qu'elle fut prévenue de la marche du peuple vers Versailles.

Ici se trouve une grotte





Après s'être longuement extasier de toute cette verdure, nous nous sommes rendus vers le grand Trianon. Bâti par Louis XIV, la visite met principalement à l'honneur l'épouse de Louis-Philippe 1er, la reine Marie-Amélie de Bourdon-Sicile, qui y résida au XIXe siècle. Après une petite pause chez Angelina, présent au petit Trianon, nous avons fini par un dernier détour dans les jardins du château. Décidément pleins de surprises, deux jours n'auront pas suffit pour les parcourir entièrement.




Voici la fin de notre petit périple dans un autre temps.

Le château de Versailles & ses jardins

Ha, Versailles et son faste légendaire, symbole du règne majestueux du roi soleil qu'était Louis XIV. Dernière demeure de la monarchie absolue ayant vu le peuple français arracher la famille royale à sa condition. "A Paris !" ont-ils crié. Et ce fut en cette journée d'octobre 1789 que les lumières s'éteignirent sur cette magnifique demeure.

Depuis longtemps, j'ai cette fascination envers le XVIIIe siècle. Je rêvais donc de parcourir les couloirs de Versailles et ces jardins, être immergée dans l'univers des derniers rois de France et surtout, de Marie-Antoinette. Ce fut deux journées -parce qu'il fallait bien au moins cela- merveilleuses, hors du temps.

Louis XIV





A peine arrivée, le coeur en émoi devant ces grilles ornées d'or, il a fallu attendre deux bonnes heures pour pouvoir entrer. Nous avions décidé de commencer par le château. J'ai tenté de rester raisonnable concernant les photos mais tous ces détails ... Tel un imprimé Moi-même-Moitié -pardon pour la comparaison- je ne savais où poser les yeux. Il me suffit souvent de peu pour pouvoir m'évader alors à cet instant je suis partie loin, très loin. Le voyage vers l'ailleurs tant désiré commençait.









Il était malheureusement difficile d'obtenir des photos acceptables des pièces dans leur intégralité à cause de la foule. Toutefois, je me plaisais à m'imaginer déambuler à travers ces immenses espaces vides, accompagnée d'un fond musical. La B.O du film de Sofia Coppola par exemple, ou même du Rameau. Une ambiance bien différente selon l'un ou l'autre. Bref, un côté touristique que je n'apprécie guère ... La foule, ma hantise. Malgré tout, j'ai pu profiter un instant de la chambre de la Reine. Cela me tenait à coeur.

La Galerie des Glaces, la fameuse






Finissant la visite par une boutique où il était trop dur de résister au thé de Marie Antoinette (Thé noir, pétales de roses et pomme), nous nous sommes ensuite dirigés vers les jardins. Tout comme le château, ils regorgent de détails : des chemins cachés, des bosquets, des sculptures, et surtout des fontaines. Une évasion dans la Grèce antique que je ne connais que trop peu malheureusement (même si en ce moment je lis l'Odyssée). C'est le genre de choses que je regrette de nos jours, le manque de détails pour les architectures, le mobilier et notre environnement urbain.















Voilà tout pour la première partie.